31.07.2007

Trente ans

Aujourd'hui...

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14.06.2007

Fais voir

Allez montre-moi. Même pas cap tu es, j’en suis sûr. Allez vas-y emmène-moi. Fais-moi voir un peu. Je t’assure que je ne me moquerais pas. Je vais juste rester là à te regarder, oui j’attends la suite si t’appelles ça un début. Mais non c’est pas méchant, je ne suis pas un méchant. C’est ça justement mon problème, j’en suis pas un. De méchant.

Alors tu viens ? Tu t’avances un peu là ? C’est quoi ton jeu ? Ta chanson, ton texte, ta réplique. Allez, fais y voir un peu, fais y voir un peu ce qu’il y a dans tes tripes, fais y voir à mon pauvre ennui ce que t’es encore capable de donner. N’en gardes pas s’il en reste, vas y crache, ne joue pas la paresse, fends toi d’un bis, d’un rab, d’un surplus. Je t’attends regarde, je t’attends.

Je t’attends.

 

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20.01.2007

Youpi !

Youpi ! Grand moment de joie dans ma vie de loose, je vais enfin sortir de chez moi et vivre de grands moments de bonheurs. Et surtout, oh oui surtout, je vais enfin pouvoir faire mon "axel" (;)) et crâner gaiement sur mes prochains concerts. En l'espace d'un mois je vais voir Katerine, Dionysos et Emily Loizeau. Je suis sur un nuage.

Non parce qu'il faut l'avouer depuis des mois ma vie se résume au boulot. Et ... Au boulot. Je n'ai pas grand chose à raconter en dehors de la classe et la triste vie de mon couple qui se désagrège à cause de quoi : mon boulot. (C'est pas moi qui le dis mais je le concède volontiers).

 Et, Youpi (2) ! Je vais avoir de la visite dans ma classe. Enfin, dans une de mes classes. J'ai deux quarts temps et un mi-temps. Quand je parle de "ma" classe, c'est le mi-temps.

Et c'est donc dans ma jolie classe que je vais recevoir la visite de mon inspectrice : coup d'envoi le 22 janvier, fin des hostilités : le 3 février.

Donc durant la quinzaine qui arrive il faut que ça roule. Première inspection de ma carrière (en dehors de celle où on a jugé que je pouvais être prof), et c'est assez flippant. Surtout que cette classe est tout de même assez particulière...

J'avais un peu commencé à vous planter le décor la dernière fois. Déjà prof sur un poste fractionné. Bon.

Ce poste je ne l'ai pas "choisi". Je faisais partie des nombreux profs "sans poste" à la rentrée. Jusqu'au 12 septembre j'attendais dans une école pour qu'on me mette quelque part. 

L'année dernière j'étais sur un poste à temps plein en grande section de maternelle. Ce fut un bonheur intégral. Je me suis vraiment sentie dans mon élément. Les conseillers qui étaient venus me voir me disaient que j'étais faite pour ça etc... Le rêve.

Mais voilà, c'était sur un an, et à la rentrée toujours pas de poste. Vous comprendrez plus ou moins aisément que lorsque le 12 septembre j'ai appris que j'avais 3 classes de cycle 3 (2 CM2 et 1 CM1) je me suis sentie légèrement déconcertée. Oui je ne suis pas complètement candide et je savais que ça pouvait arriver, j'espérais juste être dans des petites classes quitte à être en élémentaire.

En fait, sur le coup j'étais surtout très heureuse d'être dans la ville où j'habite. J'avais la crainte d'être nommée vers Arles ou Port Saint Louis, mais non, ça va, sur la localisation j'ai été vernie.

Ensuite, j'ai un peu paniqué (juste un peu) je n'étais pas franchement préparée à me retrouver face à des "grands", et lorsque j'ai pris la classe et que ma collègue m'avait laissé un mot :"J'ai commencé à traiter les invasions barbares t'as qu'à continuer dessus avec l'arrivée des Huns, les faits importants, les dates significatives... Bon courage !" Oui ben je vais peut être vous paraitre débile mais quand à la mi septembre vous débarquez dans une classe en venant de la maternelle et ben c'est pas forcément évident d'avoir un cours en tête à faire sur Attila et les 40 voleurs (j'm'a trompé ?)

Blague à part le boulot à fournir d'un coup d'un seul à été phénoménal. Et j'ai conservé le rythme, je n'arrête jamais. Ne vous inquiétez pas nos chères têtes blondes n'apprennent pas n'importe quoi. Je suis incollable maintenant sur le programme, les contenus, je peux jouer au trivial sans rougir et les batailles de Napoléon je vous les fais à la Decaux.

No problemo. Juste que c'est tout de même plus gérable de se préparer à tout ça quand on a la chance d'avoir un poste en juin mais bon. Passons.

Donc voici ma classe, mon mi-temps atypique, mon CM1. Dès que je suis arrivée dans l'école le directeur, adorable (comme toute l'équipe de cette école, comme quoi je n'ai pas que des misères), m'apprend rapidement que l'une de mes élèves a des problèmes comportementaux (et ça s'arrête là, la suite je l'apprendrais par moi même,  j'aurais souvent l'occasion de revenir sur le cas de la petite J, phénoménal phénomène) et que j'accueille des élèves de la classe spécialisée pour les déficients auditifs. En clair j'ai concrètement la moitié du temps dans ma classe 5 enfants sourds.

Dernièrement lorsque j'ai dit ça à une collègue elle m'a répondu : "Ah mais c'est bien ça ! Tu connais le langage des signes !" Et moi qui lui répond, et qui vous répond donc (si éventuellement vous vous posez la même question): "Non, pas du tout".

Le jeudi 14 septembre je prends un des CM2 le matin et mon CM1 l'aprèm. L'épreuve du feu est passée. Le vendredi je vais dans mon second CM2 le matin et l'après midi de nouveau dans mon CM1. Ce fut ce vendredi là que j'ai eu mes élèves sourds pour la première fois. Je ne savais pas combien ils étaient, je ne connaissais pas leurs prénoms, je n'ai connu leur nom de famille et leur date de naissance que bien plus tard, et ce n'est qu'à la seconde séance (et demie) de géométrie que j'ai compris toute seule comme une grande que, si l'un d'entre eux malgré sa bonne tête ne faisait pas les figures géométriques que je lui indiquais, c'était parce qu'il est handicapé d'un bras.

Tout ceci c'est la faute à personne. Avant que j'arrive dans l'école l'enseignante spécialisée avait déjà fait passer tous ses renseignements à la personne qui me remplaçait (vu que je n'étais pas nommée, vous suivez ?) et le passage d'une enseignante à l'autre à été rapide donc les infos... Et je n'ai eu aucun temps pour me préparer à ça, et je ne savais pas ce qu'était un enfant sourd... Je pensais bêtement que c'était un enfant qui n'entendait rien. Je suis vraiment trop naive ? Ne vous inquiétez pas. A présent ce point là aussi se règle autant qu'il peut se régler. Et je reviendrais, si ça vous intéresse, sur l'enseignement dans une classe qui accueille 5 sourds et une enfant avec des problèmes comportementaux.

Dans un de mes CM2 j'ai aussi T., un adorable petit garçon aveugle. Pour lui j'ai une avs (auxiliaire de vie scolaire) à plein temps, une perle formidable donc de ce côté là ça va.

Le seul problème au départ, quand vous arrivez dans une classe qui accueille un enfant aveugle, c'est qu'il faut prévoir les activités au moins 10 jours à l'avance pour lui faire traduire en braille. Alors oui, les profs font des progressions et savent comment vont se dérouler leurs apprentissages (si si), mais il est vrai que les exercices que l'ont va faire dans la semaine on les adapte en fonction de la compréhension des gamins, avec un aveugle on ne peut pas sortir le travail de derrière les fagots style "super vous avez bien compris ça alors je peux tester ça avec vous!", non ça non.

Donc quand je suis arrivée mi-septembre de ma maternelle et qu'on m'a demandé mes progressions, mes exercices pour la semaine à venir et celle d'après parce qu'attention ça urge, pour une classe de CM2... J'étais comment dire ...déconcertée.

Et quand l'après-midi je suis arrivée et que j'ai vu défiler dans ma classe des enfants qui ne m'entendaient pas mais qui par contre étaient très agressifs au moindre bruit... J'étais comment dirais-je... Déconcertée ?

15.01.2007

Je commence.

4largo a raison, il va bien falloir que je mette autre chose par ici pour ne pas rester bloquée sur la bonne année.

La saviez-vous ? Cet espace est visité, j'ai consulté mes stats et je l'ai constaté, des personnes que je ne connaissais pas l'ont même mis en lien. Je trouve ça hautement sympathique, et je vais de ce pas me pencher sur leurs écrits.

Il n'y a plus grand chose par ici et pourtant des personnes viennent, des gens même que j'apprécie. Un jour j'avais laissé un message à une bloggeuse sur l'un de ses blogs, celle-ci me répondit par mail qu'elle avait du effacer mon message car cela pouvait permettre à des connaissances à elle de remonter la piste vers le blog "secret" en gros. Si celle-ci se reconnait je l'embrasse au passage.

Tout ça pour dire que si je n'écris pas par ici ce n'est pas parce que je crains que des personnes que je connais puissent découvrir des choses que je veux garder cachées. C'est d'ailleurs tout le contraire. Ce que j'avais de plus "intime" à livrer se trouve dans toute sa nudité dans les textes que j'ai mis en ligne. Je n'écris plus de texte et donc je me sens toute vide. Je n'ai plus rien à mettre ici. Ce qui me retenait à écrire des choses de moi, de ma vie, c'est justement de ne pas embêter les gens que je connais.

Je parle beaucoup de "moi" autour de moi, et j'avais quelques scrupules à faire lire encore ma vie aux gens qui la connaissent. Et puis au fond, en voyant que des inconnus passent aussi je me dis que peut être ça pourrait les intéresser, et puis si ceux qui savent déjà tout cela se sentent saoulés, au fond ils peuvent toujours passer leur chemin ou me laisser un petit mot "arrête de radoter".

Alors même si je sais que personne ne m'y pousse ni ne me l'a demandé je vais essayer quand même de vous raconter ce qui me bouffe le plus la vie, ce qui me gobe vivante comme je le disais ailleurs : mon boulot.

Je suis une jeune enseignante du primaire. Je suis entrée dans cette profession avec de grandes idées, de belles valeurs, des projets fous. Je viens du milieu théâtral, j'ai joué, j'ai bossé et puis je me suis retrouvée là, dans l'enseignement. Pas du tout par hasard mais bon. (Une bise à Axel au passage, c'est con mais ça fait du bien).

Cette année est pour moi très difficile car je ne prends (presque) aucun plaisir à faire ce que je fais. Mes conditions de travail ne cessent de me tourmenter et me donnent l'impression de tourner en rond.

Je reviendrais vous expliquer dans le détail l'organisation de cette fameuse année mais avant toute chose si je me décide à raconter cela c'est parce que je me dis que peut être ça en intéressera certains. Pour d'autres peut être que ça donnera une autre vision de l'enseignement (même si ce n'est pas mon objectif).

Je tiens à préciser aussi que si je peux donner l'impression d'en arriver à m'en plaindre (de ce métier cette année je précise), je suis en même temps pleinement consciente que ma situation est loin d'être la plus terrible (je rassure les personnes qui n'ont jamais de vacances, celles qui n'ont même pas d'emploi ou bien encore les profs à 32 élèves par classe et qui n'ont toujours aucun budget pour acheter le mobilier suffisant). Je sais que j'exerce l'un des plus beaux métiers du monde comme disent certains et même si ma situation me pèse, je sais que nous sommes beaucoup dans ce cas. C'était une précision au cas où.

Je viens juste vous parler de moi.

A bientôt.

24.12.2006

Bon réveillon !

Depuis deux jours je suis en vacances. Je dors : c'est trop bien fada !

Non mais ça me laisse du temps pour moi ce qui n'est pas du luxe. Bon je vais être franche je n'ai pas rééssayé d'écrire, j'ai prévenu dans l'à propos qu'il ne fallait pas trop compter dessus de si tôt.

Petit à petit ça reviendra. En attendant je repasse et je rajoute des trucs. Ouah ! C'est super perso en plus tout ça, un album avec des photos à moi des choses que j'aime. Oui c'est pas folichon mais c'est bien un peu d'images, non ?

En attendant du mieux je vous souhaite à tous un bon réveillon de Noël, à très vite.

 

12.09.2006

Caprice

Je suis d'humeur capricieuse et revendicative.

Je manque de commentaires.... Beaucoup sur les blogs écrivent comme à un journal et se moquent de ce que les autres en ont à faire. Moi je mets en ligne des textes en espérant avoir vos avis. Je prends beaucoup de plaisir à les écrire, les publier ici ne m'en apporte aussi que si je me sais lue et critiquée.

Je pense donc arrêter... Arrêter de mettre mes nouvelles ici sans savoir si elle produisent le moindre effet sur vous, si elles trouvent un écho dans vos vies ou votre imaginaire.

Si vous avez des suggestions à faire aussi : ne vous gênez pas ! Tailles des textes, fréquence de parution, que sais-je...

Pour ne pas être totalement injuste je tiens tout de même à remercier ceux parmis vous qui m'ont écrit ce qu'ils pensaient : 4largo, Chloé, Mina, Misteriosa, Marura, Toma, Greg, Annie, Arianil, Dominique, Djinn, Fée chocolat, Zo....

Pour l'heure je réfléchis.... A bientôt !

11.08.2006

Suite 4 (et fin)

Alors là ça va aller très vite mais il faut m’en excuser…

 

 

On dit que…

 

Requinqué, le prince à toute bride s’élance vers son aimée, en un instant (enfin presque) il parcourt les plaines, traverse les petits ruisseaux, saute par-dessus les obstacles et parvient auprès de la princesse quelque peu désenchantée.

 

Et pour la seconde fois il lui donne le baiser.

 

Le baiser qui redonne vie à sa princesse, son unique, sa choisie, son inespérée.

 

 

La magie insufflée en elle lui remet les idées en place, l’amour est là, beau, présent, plein de renouveau et de promesses échangées, de bonheurs envisagés.

 

C’est fini. Ils sont repartis.

 

 

Ouf ! Sauvés ! Le prince et la princesse heureux et à nouveaux sereins partent dans la vie avec un nouvel entrain.

 

 

Que c’est facile la vie ! (Respirons un instant)

 

Que c’est beau et simple !

 

Un prince mal aimé trouve une fée qui lui réapprend les bases oubliées - un cours de rattrapage en somme, une pause studieuse – et le voila reparti avec sa princesse, pour la vie.

 

Vraiment vous voyez il n’y avait pas de quoi s’inquiéter et la vie reprend son cours comme si de rien n’était. C’est bien connu.

 

 

Et la fée me direz vous ? Ben la fée, elle… Ah mais je ne sais pas ça. Qu’est ce qu’elle a bien pu devenir cette fée... La fée a du repartir vers d’autres aventures, elle doit trotter gentiment dans les sous bois à la recherche d’un prince égaré, elle s’occupe peut-être d’oiseaux au cœur brisé, elle…

 

 

Quoi ? Que me dites vous ? Les fées ça n’existent pas ?

 

 

Ne redites jamais ça devant moi.

 

Cette fée je l’ai rencontrée. Je vous ai menti, je sais ce qu’elle fait. Si vous voulez la fin il vous faudra poser la bonne question. Car oui l’histoire ne s’arrête pas là, ce serait trop simple finalement non ? La vie ce n’est pas ça, même pas là, non.

 

 

Et si les fées pouvaient aimer ? Telle est la bonne question.

 

 

Et bien cette fée, le prince elle l’a aimé.

 

Et quand il est parti droit vers son adorée

 

Notre fée toute seule s’est donc mise à pleurer

 

Pas beaucoup ni longtemps, pas de quoi s’alarmer

 

Juste la trace d’un amour qui ne veut s’effacer.

 

Mais elle n’a pas cherché à se remettre en route

 

Car elle le savait et ce sans aucun doute

 

Que cet amour ne pouvait exister

 

Elle pensa juste, avec un fond de regret,

 

Que le piège qu’elle voulait éviter

 

Sur elle s’était refermé.

 

 

 

Un soir, dans le bois, une princesse, seule, se promène.

 

Une absence de bruit l’attire, une plainte silencieuse

 

Un esprit qui souffre, une biche qui s’ennuie.

 

 

« Viens ma belle, viens, tu peux être notre amie.

 

Tu m’as rendu un prince encore bien plus aimant

 

Tu as su voir en lui ce qu’il a de plus charmant

 

Alors je t’ouvre mon cœur, mon âme et ma maison.

 

Et même si je tais ce dont tu m’as fait don,

 

Viens la fée, viens, ne reste pas dehors.

 

Moi je veux bien de toi.

 

Je te vois dans mon décor,

 

Viens,

 

Il y aura toujours une place pour toi.»

 

 

Et c’est ainsi que cette histoire s’achève. Je ne serais pas loin pour les suivre de près et savoir si au royaume un petit être naît.

 

 

Et peut être, qui sait, aura t-il pour marraine, la plus tendre des amies, la plus douce des fées.

 

06.08.2006

Suite 3

Beaucoup de princes, qui en fait n’était que des valets de chambre principalement préposés au pot, ont succombés. Beaucoup se sont trompés et on péri.

 

Comment ça ? Vous ne me croyez pas ? Je vais trop vite peut être ?

 

 

Croyez vous que les princesses sont toutes des hystériques échevelées ? Toutes des peureuses en mal d’aimer ? Des pauvres infirmes du cœur au corps fermé ? Des paresseuses des sentiments ? Des « inattentionées » nées ?

 

 

Penchez vous un instant que je vous le dise de plus près… Les princesses aussi sont des fées. Ce sont des fées dont la tête a été coiffée. C’est tout. Prenez garde à ce que votre princesse ne soit la fée d’un autre quand vos yeux ne sont rivés que sur les oreilles de votre biche.

 

 

Encore pour le plaisir, je le répète, les princesses aussi sont des fées.

 

 

Les princes qui oublient leur princesse pour leur fée perdent tout. Ils abandonnent le domaine pensant se la couler d’amour et d’extase auprès de leur belle fantaisie. Mais la plus belle des fées se fane au contact d’un rustre qui oublie d’être le prince aimé et choisi. Et les fées deviennent des princesses. Des princesses sans couronne en plus. C’est triste non ?

 

 

L’envers du décor, l’aspect paradoxal c’est qu’un prince, un vrai, qui aime sa princesse et fait tout pour la garder s’attirera les plus grandes faveurs de sa fée. Et de poisons en sortilèges elle tentera de s’inoculer dans ses pensées.

 

Un prince un vrai attirera toujours l’amour des fées. Mais ça c’est une autre histoire…

 

 

Revenons à nos moutons.

 

 

Mais qu’a donc fait ce prince pour n’être pas aimé de son aimée ? Il a une fée à présent (et c’est bien chouette oui..) mais sa princesse ne semble pas alarmée.

 

 

La princesse est loin.

 

C’est bien, joli prince, d’essayer de te préserver mais ta belle se fait la malle et joue à la balle avec sa jolie tête. Ta princesse fait la moue, fait du mou, se fait du mouron. Ta princesse se dit que tu es gentil avec elle (d’ailleurs pourquoi se dit elle ?) mais tes sautes d’humeur visant à obtenir des plages de solitude féerique finissent par l’affaiblir.

 

La princesse devient sorcière et vole sur son balai dans les endroits louches et mal famés. La princière, à des années lumières de ta rencontre avec la jolie fée, cherche en vain son magicien, en vain car elle n’a jamais vraiment cherché (tu lui dit souvent d’ailleurs : « si tu ne trouve pas c’est que t’as pas cherché ! » La perspicacité des princes n’est plus à prouver surtout quand il s’agit du rangement des salières dans les saladiers… passons).

 

Mais il reste des êtres étranges qui guettent dans les forêts du château, des êtres qui épient et qui rôdent, certains l’aident mais la solitude est là présente.

 

La princesse se prend à aimer aussi, pourquoi pas, ça fait parti du jeu, accumuler les tourments.

 

 

Mais rien n’y fait.

 

 

Notre couple se perd, notre couple s’y perd, chacun s’éloigne et s’invente d’autres priorités.

 

Princesse, tu rêves d’être une fée, tu voudrais tant être aimé mais tu n’y arrives pas, tu ne peux pas, pas comme ça, pas comme tu l’entends, il te manque quelque chose, tu ne sais plus où tu vas. Prends garde à ne pas faire de serments à qui ne t’entendra pas.

 

 

Prince tu t’enfonces dans l’amour, tu te noies sous l’opulence et tu oublies le pourquoi des débuts. Prends garde à ne pas tout perdre à force de ne plus savoir quoi vouloir. A force de trop vouloir.

 

 

Mais ces deux là ce n’est pas du pipi de chat. Elle, c’est quand même une princesse, et pas de la dernière qualité. Et lui, ce n’est pas le prince de n’importe qui, ce prince là ce n’est pas n’importe quoi, attention.

 

Et sa princesse il l’aime. Et son voyage il l’a fait. Et son retour aussi…

 

 

Comment ?

 

 

Rebâti, reconstruit, fort de son charme et de sa superbe il sait à présent qu’il est à la hauteur. Ce prince était désaimé, de l’amour il n’avait plus, une fée lui en a rendu.

 

Deux trois pincées, juste de quoi se souvenir de ce que c’était…

 

 

- Merci madame la fée, mais à présent je dois me rentrer, c’est pas que je sois fatigué mais j’entends une plainte au loin… J’ai bien peur que celle que j’aime ne soit égarée. Je vais la retrouver, un peu la secouer, et surtout, très fort l’aimer. Si fort, tellement fort, et plus encore que ça va la rallumer de l’intérieur. Lui redonner du baume au cœur, à présent je sais me faire aimer, je sais qu’elle va m’aimer.

 

- Merci madame la fée, je vais redonner vie à mon adorée, vous m’avez montré la voie, indiqué le chemin, votre douceur et vos caresses m’ont prouvées que j’étais digne d’être aimer, que je méritais le bonheur, que j’étais capable de l’inspirer.

 

- Au revoir ma tendre et douce fée, jamais je ne t’oublierais, dans une autre vie peut être nous pourrons nous retrouver mais là tu vois mon cœur est pris, je l’ai déjà donné.

 

- Adieu mon lourd secret, ma sublime envolée, je m’en vais…

 

 

C’est douloureux de quitter le pays des fées. Le prince ignore une larme, qui sèche avant de couler. Ses sentiments il sait si bien les cacher, pas tous bien sûr, mais il sent que là, ce quelque chose qui se joue n’appartient qu’à lui, ça se noue un peu dans son cœur - celui qui est à la fois dans sa tête, son ventre et dans le fond de sa gorge - et ça prendra le temps qu’il faudra, ce nœud persistera en lui mais… il doit reprendre la route.

 

 

(À suivre….)

 

31.07.2006

Suite 2

La princesse se cogne toujours aux murs et arrache à l’occasion certains de ses cheveux, elle rit aux éclats, chante des chansons puis pleure pour un rien.

 

 

Le prince la regarde s’éloigner, hagarde dans son délire de destruction. Puis il s’éloigne à son tour.

 

Doucement, sans bruit, à l’autre bout du château, il fait des incantations « sauvez moi, j’ai besoin d’une fée, aimez moi et je pourrais peut être aider ma princesse à m’aimer ». Qui lui a donné ces conseils ? Qui l’a aidé à trouver ? Personne. Car comme ils sont deux il est seul. Seul comme il ne l’a jamais été.

 

Aidez moi. Je vous aimerais si vous m’aimez. Aidez moi. Montrez moi le chemin, la voie. Je suis un prince délaissé. Rendez moi mon portrait. Rendez moi mon visage, façonnez moi un peu si vous le voulez, je suis prêt à me perdre si j’ai une chance de me retrouver, de la retrouver.

 

Et une fée a répondu. Et une fée est arrivée. Et cette fée il l’a aimé.

 

 

Ne criez pas au loup cette histoire est très belle je vous l’ai déjà dit. Un prince qui aime une fée c’est joli non ? Il est vraiment très beau et de partout, du dedans et du dehors, et elle, elle est… Ben c’est une fée, on lui demande pas d’être un canon de beauté, une succube ou une nymphe, c’est une fée, on lui demande juste d’être féerique et elle s’acquitte de cette tâche avec aisance et décontraction (comme une fée quoi).

 

Mais calmez vous un instant et réfléchissez donc, dans quel histoire avez vous lu que le prince se barrait avec la fée, laissait la princesse moisir au château et faisait beaucoup d’enfants ailés au fond d’un lac gelé ? Ce serait joli aussi mais personne ne l’a écrit.

 

Qui pourrait écrire cette histoire saugrenue du prince et de la fée ? La princesse peut être… Tiens, je n’y avais pas pensé… il faudrait qu’elle soit vraiment givrée !

 

 

Bref passons.

 

 

Un beau matin donc une fée est arrivée. Un beau matin, c’est joli et ça sonne bien, on imagine la nature qui s’éveille, la rosée sur les pétales, l’herbe humide, la fraîcheur, ses pieds nus et sa main qu’elle approche.

 

On imagine tout ça car on le veut bien. On imagine qu’elle a le regard clair, la peau douce, l’esprit égal. Mais avant, juste avant, et même après au grès de ses envies, elle peut prendre l’apparence d’une biche, une biche au poil doux, aux formes rondes, au museau humide. C’est une fée, une femme à part, elle a tout les pouvoirs et jusqu’au bout on va y croire, on va décider qu’elle a tout les pouvoirs. On va la laisser évoluer dans ce cadre et ne lui donner que le meilleur à vivre. Tiens ma douce, je te présente un prince, regarde il est gentil, c’est un loup égaré, il n’a jamais mordu personne, il est sentimental, il se cache derrière des identités mais regarde ses yeux, et tu vois qu’il est doux n’est ce pas ?

 

 

Tu auras le loisir de découvrir le meilleur de lui.

 

La douceur de sa peau, ses sourires timides et ses éclats de rire, ses regards parfois absents mais ses pensées toujours près de toi. Oui c’est vrai, son esprit s’envolera parfois vers des soucis où tu n’auras pas ta place, mais tu comprends que c’est parce la place est prise. Toi tu as le beau.

 

 

Toi tu as ce que la princesse a toujours voulu. Prend, sers-toi, c’est offert sur un plateau d’argent.

 

Tu as ce qu’on ne peut pas avoir quand on vit au château. Mais toi même en voudrais tu plus ? Non, parce que tu es intelligente et fière de ta condition, tu sais que ce dont tu bénéficies prend son essor dans le secret. C’est dans l’irréel que vous vous construisez. Toi et lui, jour après jour, vous choisissez de vous aimer dans une parcelle inconnue de ce monde pour repartir plus fort vers la réalité.

 

 

Vous n’êtes pas les premiers à vouloir ça.

 

Vous n’êtes pas les premiers.

 

 

La princesse aussi aurait voulu. Elle aussi aurait rêvé de vivre une histoire hors de tout contexte. Une brèche dans le temps et l’espace. Une ouverture, un souffle, une échappatoire où se retrouver. Une histoire d’amour.

 

 

Elle aurait voulu s’autoriser à aimer. Qui sait…

 

 

Faire fi des conventions et se donner sans compter. Dire les mots les plus fous, pas de promesses, pas de projets mais du bonheur à tout les coups, à tout craquer.

 

Exprimer son désir, vivre de plaisir, n’avoir comme unique contrainte que le manque de l’autre. Mais que ce manque là est bon… Que ce malheur est doux. Les amants sont heureux de souffrir, ils recherchent ce qui fait vibrer. On s’éteint et on s’use à l’heure ou l’on ne sait plus se regarder, à l’heure où on s’installe devant un poste de cinglés, à l’heure où ce que l’autre a à dire n’a plus d’intérêt. Et pourquoi donc ça n’a plus d’intérêt ?

 

Mais parce que ça manque de sel voyons !

 

Ce n’est pas plus ennuyeux ou plus triste qu’avant, c’est juste que c’est différent, et cette différence là on la refuse. On ne veut que l’autre qui est le piment et qui nous renvoi l’image idéale de soi. L’image séduisante, attractive. Nous manquons à quelqu’un qui nous trouve tellement… tellement de choses qu’on ne s’était plus entendu dire depuis tant d’années. Alors on sombre et on fond, on s’entend soi même dire des mots de miel, des mots de sucre enrobés, des dragées de feu, le feu du désir. Ce ne sont pas des mensonges (ce désir est si brûlant, c’est fou tout ce qu’on ressent) mais on sait qu’on ne dit pas la vérité. On en dit suffisamment pour tenir l’autre, on lui dit aussi ce qu’il veut entendre et de cette émulation, de cette double excitation maintenue par les mots on conserve son aura. On conserve notre aura et on croit que la vie est là.

 

C’est un jeu qui se joue à deux. On entretient le désir, et il est si fort qu’on a le sentiment que c’est lui qui devance tout. On oublie souvent qu’il n’est qu’illusion, qu’il y a un contrat à la base, une mission. On oublie que ce désir à un but et on pense qu’il est tout en soi. Le prince peut se prendre à oublier qu’il aime une fée pour retrouver une princesse. Et la fée se prend à rêver qu’elle pourrait être couronnée.

 

 

(À suivre….)

 

23.07.2006

Suite 1

A qui font appel les princes et les princesses qui se sentent abandonnés ? L’histoire est jouée, la narration est faite, on a tué la sorcière, on a donné le baiser, les amoureux sont mariés, les petits nains sont remerciés et on les laisse dans leur château pour qu’ils puissent s’accoupler. Oui parce que c’est bien connu, les princes et les princesses ça fait beaucoup d’enfant.

 

 

Zut alors. Et quand il y a un hic ?

 

 

Pour faire beaucoup d’enfant, il faut déjà en faire un (pour commencer). Mais quand ça devient compliqué ?

 

 

Quand la princesse prend peur et se comporte comme une affolée, se cogne contre les murs en cherchant la sortie parce que non finalement, maman elle ne peut pas.

 

 

Elle ne sait pas pourquoi mais être maman elle ne peut pas.

 

C’est profond bien en elle, c’est son reflet dans le miroir, ce sont ses mains qui bougent trop, ses sourires qui sonnent faux, ses œillades préfabriquées, elle ne se sent pas vraie. Elle ne se sent pas finie. Elle se demande si elle-même n’est pas sortie trop tôt du ventre, s’il ne faudrait pas la terminer un peu, juste un peu sur les contours, la princesse se sent floue. Un portrait abstrait. Evanescente.

 

Comment porter un enfant qui passera la barrière de son ventre dès qu’il sera un peu lourd ? Son corps ne pourra pas le porter, son corps n’existe pas.

 

Comment serrer un enfant quand ses bras seront incapables de se contrôler ? Ils serrent trop ou pas assez.

 

Comment regarder un enfant quand ses yeux ne se posent pas ? Son regard n’est qu’absence…

 

Vite l’échappée belle, l’envolée, la fuite en avant. La princesse veut tous les noms d’oiseaux, la princesse ne veut plus de sa couronne, elle veut des corps dans sa tête, qui la prennent et qui la repoussent au grès d’humeurs capricieuses. Elle veut du danger, du pas sûr, du pas droit, pas fiable, tout mou, elle veut flotter sur un nuage mais pas celui du bonheur parfait, elle veut des eaux troubles, des histoires troublées. Elle veut du comme elle, elle veut se retrouver, se rassembler dans son éparpillement, elle ne voit plus son image et cherche un semblable pour exister, se dire qu’elle est vraie. Parce que forcément si quelque chose ou quelqu’un comme elle existe, c’est bien qu’elle a une légitimité non? La princesse a perdu sa vérité. Elle se sent cheveux d’ange et barbe à papa, plume légère et coton plat.

 

La princesse se dit perverse, se dit déloyale, se revendique infidèle pour avoir le droit d’exister en dehors de sa mission donnée. La princesse clique et envoi tout à la corbeille parce que là au moins c’est du sans danger, souffrir elle sait ce que c’est.

 

 

Mais aimer… Aimer un prince qui s’est éloigné, aimer un enfant qu’ils devront éduquer, faire des projets, suivre le chemin… Elle n’a jamais vu de carte de la vie, elle ne sait pas ou ça mène, elle a peur. La princesse a peur.

 

 

Et quand le prince qui a tout donné se sent délaissé ? Quand le prince qui a tout essayé, douceur, compréhension, violence, indifférence, rejet, quand ce prince sent qu’un danger réapparaît il sait que cette fois il devra agir. Mais agir pour lui cette fois. En somme se protéger.

 

Le couple royal est en danger il faut faire appel à une fée.

 

 

(À suivre….)

 

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