28.08.2006

Fin de l'Histoire.

"Et c’est ainsi que cette histoire s’achève. Je ne serais pas loin pour les suivre de près et savoir si au royaume un petit être naît.

 

 

Et peut être, qui sait, aura t-il pour marraine, la plus tendre des amies, la plus douce des fées".

 

 

 

 

FIN

 

 

 

 

- Un instant… UN INSTANT !!! 

 

- Quoi ? Oui ? Pardon…

 

 

Oh non, il ne manquait plus que ça, mes héros se rebellent….

 

 

« Ce que tu dis n’est pas vrai, ce n’est pas ça, ce n’est pas vraiment comme ça, c’est trop beau comme tu le vois, il faut que tu prennes conscience de la réalité… Pour te protéger ».

 

 

Les paroles d’une fée ont les écoute.

 

 

Je t’écoute jolie fée. Oh pardon. Désolée. C’est vrai, tu n’es pas une fée. Tu es une femme. Mais jolie quand même, je peux le penser ? Oui ? Merci.

 

Je t’écoute gentil prince. Tu dis la même chose avec tes mots à toi.

 

Vous dites à la princesse, qui bien sûr n’en est pas une, qu’elle a tendance à trop rêver. Qu’elle fait peur à force de tout réinventer. Oui je sais.

 

 

Comment dois je formuler les choses alors ? Quelle est la vérité ?

 

 

Les mots que vous voulez je peux les formuler. Je peux dire tout ce qu’il faut. Les mots je les connais, je m’amuse avec, ce sont de charmants amis. Que dois je dire ? Mari infidèle ? Histoire de fesses ? Simple coucherie ?

 

Non.

 

Oui je sais ce n’est pas ça non plus. Ce n’est ni une affaire de sexe ni un conte de fée. C’est une histoire dans laquelle je n’ai pas droit de citer.

 

 

Ok.

 

 

Vous ne savez plus comme balancer face à moi. D’abord étrange et intrigante je suis devenue gênante.

 

On s’est un peu fait du soucis pour moi : mon dieu qu’imagine t’elle ? Quelle est cette grande enfant qui a tant besoin de rêver ? Est elle vraiment « adaptée » ?

 

Puis finalement on se méfie de moi. « Elle est louche, elle est folle peut être, ou pire encore, nous manipule t’elle ? »

 

 

Rien de tout ça mes agneaux, mes chéris. Je rêve par besoin, j’imagine pour rester en vie.

 

 

Je sais très bien où en sont les choses croyez moi. Accusez moi de prendre ce qui ne m’appartiens pas mais ne vous faites pas plus de soucis que ça. Si je « manipule » ce n’est pour nuire à personne. Si je pars loin dans ma tête je sais encore où est le sol. Je ne suis ni à craindre ni à blâmer. J’ai juste besoin de rêver.

 

 

Pour écrire des histoires d’amour il faut une part d’abstraction. Une grande parfois. Et j’ai besoin de ça. Je pars du réel pour mieux me l’accaparer et est ce si mal si dans ma tête tout prend un chemin idéalisé ?

 

 

J’ai toujours transformé tout ce que je vivais. Loin d’être malheureuse ma vie a eu son lot de contrariété. Je m’en suis sortie en prenant le biais de tout enjoliver.

 

Alors oui, à mes heures ça donne naissance à des drames. Je rends grandiloquent un quotidien bien fade, bien neutre et sans argument.

 

Mais au fond je sais que je ne veux pas changer. Cette faculté me permet de rester éveillée.

 

 

A ma façon à moi.

 

 

Ne vous en faites pas pour moi. Je vous laisse pénards à présent, je m’en vais. J’ai tiré de cette histoire plus que je ne le pensais. J’ai sucé tout le sucre, aspiré toute la sève, le nectar, le miel. Et je suis d’accord avec vous, ce qu’il reste n’est pas folichon.

 

 

Pardon.

 

 

Votre histoire est à vous plutôt, je me retire tranquille. Je vais écrire ailleurs, là où mes rêves me mènent.

 

 

Je vous embrasse fort et vous aime bien quand même.

 

11.08.2006

Suite 4 (et fin)

Alors là ça va aller très vite mais il faut m’en excuser…

 

 

On dit que…

 

Requinqué, le prince à toute bride s’élance vers son aimée, en un instant (enfin presque) il parcourt les plaines, traverse les petits ruisseaux, saute par-dessus les obstacles et parvient auprès de la princesse quelque peu désenchantée.

 

Et pour la seconde fois il lui donne le baiser.

 

Le baiser qui redonne vie à sa princesse, son unique, sa choisie, son inespérée.

 

 

La magie insufflée en elle lui remet les idées en place, l’amour est là, beau, présent, plein de renouveau et de promesses échangées, de bonheurs envisagés.

 

C’est fini. Ils sont repartis.

 

 

Ouf ! Sauvés ! Le prince et la princesse heureux et à nouveaux sereins partent dans la vie avec un nouvel entrain.

 

 

Que c’est facile la vie ! (Respirons un instant)

 

Que c’est beau et simple !

 

Un prince mal aimé trouve une fée qui lui réapprend les bases oubliées - un cours de rattrapage en somme, une pause studieuse – et le voila reparti avec sa princesse, pour la vie.

 

Vraiment vous voyez il n’y avait pas de quoi s’inquiéter et la vie reprend son cours comme si de rien n’était. C’est bien connu.

 

 

Et la fée me direz vous ? Ben la fée, elle… Ah mais je ne sais pas ça. Qu’est ce qu’elle a bien pu devenir cette fée... La fée a du repartir vers d’autres aventures, elle doit trotter gentiment dans les sous bois à la recherche d’un prince égaré, elle s’occupe peut-être d’oiseaux au cœur brisé, elle…

 

 

Quoi ? Que me dites vous ? Les fées ça n’existent pas ?

 

 

Ne redites jamais ça devant moi.

 

Cette fée je l’ai rencontrée. Je vous ai menti, je sais ce qu’elle fait. Si vous voulez la fin il vous faudra poser la bonne question. Car oui l’histoire ne s’arrête pas là, ce serait trop simple finalement non ? La vie ce n’est pas ça, même pas là, non.

 

 

Et si les fées pouvaient aimer ? Telle est la bonne question.

 

 

Et bien cette fée, le prince elle l’a aimé.

 

Et quand il est parti droit vers son adorée

 

Notre fée toute seule s’est donc mise à pleurer

 

Pas beaucoup ni longtemps, pas de quoi s’alarmer

 

Juste la trace d’un amour qui ne veut s’effacer.

 

Mais elle n’a pas cherché à se remettre en route

 

Car elle le savait et ce sans aucun doute

 

Que cet amour ne pouvait exister

 

Elle pensa juste, avec un fond de regret,

 

Que le piège qu’elle voulait éviter

 

Sur elle s’était refermé.

 

 

 

Un soir, dans le bois, une princesse, seule, se promène.

 

Une absence de bruit l’attire, une plainte silencieuse

 

Un esprit qui souffre, une biche qui s’ennuie.

 

 

« Viens ma belle, viens, tu peux être notre amie.

 

Tu m’as rendu un prince encore bien plus aimant

 

Tu as su voir en lui ce qu’il a de plus charmant

 

Alors je t’ouvre mon cœur, mon âme et ma maison.

 

Et même si je tais ce dont tu m’as fait don,

 

Viens la fée, viens, ne reste pas dehors.

 

Moi je veux bien de toi.

 

Je te vois dans mon décor,

 

Viens,

 

Il y aura toujours une place pour toi.»

 

 

Et c’est ainsi que cette histoire s’achève. Je ne serais pas loin pour les suivre de près et savoir si au royaume un petit être naît.

 

 

Et peut être, qui sait, aura t-il pour marraine, la plus tendre des amies, la plus douce des fées.

 

06.08.2006

Suite 3

Beaucoup de princes, qui en fait n’était que des valets de chambre principalement préposés au pot, ont succombés. Beaucoup se sont trompés et on péri.

 

Comment ça ? Vous ne me croyez pas ? Je vais trop vite peut être ?

 

 

Croyez vous que les princesses sont toutes des hystériques échevelées ? Toutes des peureuses en mal d’aimer ? Des pauvres infirmes du cœur au corps fermé ? Des paresseuses des sentiments ? Des « inattentionées » nées ?

 

 

Penchez vous un instant que je vous le dise de plus près… Les princesses aussi sont des fées. Ce sont des fées dont la tête a été coiffée. C’est tout. Prenez garde à ce que votre princesse ne soit la fée d’un autre quand vos yeux ne sont rivés que sur les oreilles de votre biche.

 

 

Encore pour le plaisir, je le répète, les princesses aussi sont des fées.

 

 

Les princes qui oublient leur princesse pour leur fée perdent tout. Ils abandonnent le domaine pensant se la couler d’amour et d’extase auprès de leur belle fantaisie. Mais la plus belle des fées se fane au contact d’un rustre qui oublie d’être le prince aimé et choisi. Et les fées deviennent des princesses. Des princesses sans couronne en plus. C’est triste non ?

 

 

L’envers du décor, l’aspect paradoxal c’est qu’un prince, un vrai, qui aime sa princesse et fait tout pour la garder s’attirera les plus grandes faveurs de sa fée. Et de poisons en sortilèges elle tentera de s’inoculer dans ses pensées.

 

Un prince un vrai attirera toujours l’amour des fées. Mais ça c’est une autre histoire…

 

 

Revenons à nos moutons.

 

 

Mais qu’a donc fait ce prince pour n’être pas aimé de son aimée ? Il a une fée à présent (et c’est bien chouette oui..) mais sa princesse ne semble pas alarmée.

 

 

La princesse est loin.

 

C’est bien, joli prince, d’essayer de te préserver mais ta belle se fait la malle et joue à la balle avec sa jolie tête. Ta princesse fait la moue, fait du mou, se fait du mouron. Ta princesse se dit que tu es gentil avec elle (d’ailleurs pourquoi se dit elle ?) mais tes sautes d’humeur visant à obtenir des plages de solitude féerique finissent par l’affaiblir.

 

La princesse devient sorcière et vole sur son balai dans les endroits louches et mal famés. La princière, à des années lumières de ta rencontre avec la jolie fée, cherche en vain son magicien, en vain car elle n’a jamais vraiment cherché (tu lui dit souvent d’ailleurs : « si tu ne trouve pas c’est que t’as pas cherché ! » La perspicacité des princes n’est plus à prouver surtout quand il s’agit du rangement des salières dans les saladiers… passons).

 

Mais il reste des êtres étranges qui guettent dans les forêts du château, des êtres qui épient et qui rôdent, certains l’aident mais la solitude est là présente.

 

La princesse se prend à aimer aussi, pourquoi pas, ça fait parti du jeu, accumuler les tourments.

 

 

Mais rien n’y fait.

 

 

Notre couple se perd, notre couple s’y perd, chacun s’éloigne et s’invente d’autres priorités.

 

Princesse, tu rêves d’être une fée, tu voudrais tant être aimé mais tu n’y arrives pas, tu ne peux pas, pas comme ça, pas comme tu l’entends, il te manque quelque chose, tu ne sais plus où tu vas. Prends garde à ne pas faire de serments à qui ne t’entendra pas.

 

 

Prince tu t’enfonces dans l’amour, tu te noies sous l’opulence et tu oublies le pourquoi des débuts. Prends garde à ne pas tout perdre à force de ne plus savoir quoi vouloir. A force de trop vouloir.

 

 

Mais ces deux là ce n’est pas du pipi de chat. Elle, c’est quand même une princesse, et pas de la dernière qualité. Et lui, ce n’est pas le prince de n’importe qui, ce prince là ce n’est pas n’importe quoi, attention.

 

Et sa princesse il l’aime. Et son voyage il l’a fait. Et son retour aussi…

 

 

Comment ?

 

 

Rebâti, reconstruit, fort de son charme et de sa superbe il sait à présent qu’il est à la hauteur. Ce prince était désaimé, de l’amour il n’avait plus, une fée lui en a rendu.

 

Deux trois pincées, juste de quoi se souvenir de ce que c’était…

 

 

- Merci madame la fée, mais à présent je dois me rentrer, c’est pas que je sois fatigué mais j’entends une plainte au loin… J’ai bien peur que celle que j’aime ne soit égarée. Je vais la retrouver, un peu la secouer, et surtout, très fort l’aimer. Si fort, tellement fort, et plus encore que ça va la rallumer de l’intérieur. Lui redonner du baume au cœur, à présent je sais me faire aimer, je sais qu’elle va m’aimer.

 

- Merci madame la fée, je vais redonner vie à mon adorée, vous m’avez montré la voie, indiqué le chemin, votre douceur et vos caresses m’ont prouvées que j’étais digne d’être aimer, que je méritais le bonheur, que j’étais capable de l’inspirer.

 

- Au revoir ma tendre et douce fée, jamais je ne t’oublierais, dans une autre vie peut être nous pourrons nous retrouver mais là tu vois mon cœur est pris, je l’ai déjà donné.

 

- Adieu mon lourd secret, ma sublime envolée, je m’en vais…

 

 

C’est douloureux de quitter le pays des fées. Le prince ignore une larme, qui sèche avant de couler. Ses sentiments il sait si bien les cacher, pas tous bien sûr, mais il sent que là, ce quelque chose qui se joue n’appartient qu’à lui, ça se noue un peu dans son cœur - celui qui est à la fois dans sa tête, son ventre et dans le fond de sa gorge - et ça prendra le temps qu’il faudra, ce nœud persistera en lui mais… il doit reprendre la route.

 

 

(À suivre….)

 

31.07.2006

Suite 2

La princesse se cogne toujours aux murs et arrache à l’occasion certains de ses cheveux, elle rit aux éclats, chante des chansons puis pleure pour un rien.

 

 

Le prince la regarde s’éloigner, hagarde dans son délire de destruction. Puis il s’éloigne à son tour.

 

Doucement, sans bruit, à l’autre bout du château, il fait des incantations « sauvez moi, j’ai besoin d’une fée, aimez moi et je pourrais peut être aider ma princesse à m’aimer ». Qui lui a donné ces conseils ? Qui l’a aidé à trouver ? Personne. Car comme ils sont deux il est seul. Seul comme il ne l’a jamais été.

 

Aidez moi. Je vous aimerais si vous m’aimez. Aidez moi. Montrez moi le chemin, la voie. Je suis un prince délaissé. Rendez moi mon portrait. Rendez moi mon visage, façonnez moi un peu si vous le voulez, je suis prêt à me perdre si j’ai une chance de me retrouver, de la retrouver.

 

Et une fée a répondu. Et une fée est arrivée. Et cette fée il l’a aimé.

 

 

Ne criez pas au loup cette histoire est très belle je vous l’ai déjà dit. Un prince qui aime une fée c’est joli non ? Il est vraiment très beau et de partout, du dedans et du dehors, et elle, elle est… Ben c’est une fée, on lui demande pas d’être un canon de beauté, une succube ou une nymphe, c’est une fée, on lui demande juste d’être féerique et elle s’acquitte de cette tâche avec aisance et décontraction (comme une fée quoi).

 

Mais calmez vous un instant et réfléchissez donc, dans quel histoire avez vous lu que le prince se barrait avec la fée, laissait la princesse moisir au château et faisait beaucoup d’enfants ailés au fond d’un lac gelé ? Ce serait joli aussi mais personne ne l’a écrit.

 

Qui pourrait écrire cette histoire saugrenue du prince et de la fée ? La princesse peut être… Tiens, je n’y avais pas pensé… il faudrait qu’elle soit vraiment givrée !

 

 

Bref passons.

 

 

Un beau matin donc une fée est arrivée. Un beau matin, c’est joli et ça sonne bien, on imagine la nature qui s’éveille, la rosée sur les pétales, l’herbe humide, la fraîcheur, ses pieds nus et sa main qu’elle approche.

 

On imagine tout ça car on le veut bien. On imagine qu’elle a le regard clair, la peau douce, l’esprit égal. Mais avant, juste avant, et même après au grès de ses envies, elle peut prendre l’apparence d’une biche, une biche au poil doux, aux formes rondes, au museau humide. C’est une fée, une femme à part, elle a tout les pouvoirs et jusqu’au bout on va y croire, on va décider qu’elle a tout les pouvoirs. On va la laisser évoluer dans ce cadre et ne lui donner que le meilleur à vivre. Tiens ma douce, je te présente un prince, regarde il est gentil, c’est un loup égaré, il n’a jamais mordu personne, il est sentimental, il se cache derrière des identités mais regarde ses yeux, et tu vois qu’il est doux n’est ce pas ?

 

 

Tu auras le loisir de découvrir le meilleur de lui.

 

La douceur de sa peau, ses sourires timides et ses éclats de rire, ses regards parfois absents mais ses pensées toujours près de toi. Oui c’est vrai, son esprit s’envolera parfois vers des soucis où tu n’auras pas ta place, mais tu comprends que c’est parce la place est prise. Toi tu as le beau.

 

 

Toi tu as ce que la princesse a toujours voulu. Prend, sers-toi, c’est offert sur un plateau d’argent.

 

Tu as ce qu’on ne peut pas avoir quand on vit au château. Mais toi même en voudrais tu plus ? Non, parce que tu es intelligente et fière de ta condition, tu sais que ce dont tu bénéficies prend son essor dans le secret. C’est dans l’irréel que vous vous construisez. Toi et lui, jour après jour, vous choisissez de vous aimer dans une parcelle inconnue de ce monde pour repartir plus fort vers la réalité.

 

 

Vous n’êtes pas les premiers à vouloir ça.

 

Vous n’êtes pas les premiers.

 

 

La princesse aussi aurait voulu. Elle aussi aurait rêvé de vivre une histoire hors de tout contexte. Une brèche dans le temps et l’espace. Une ouverture, un souffle, une échappatoire où se retrouver. Une histoire d’amour.

 

 

Elle aurait voulu s’autoriser à aimer. Qui sait…

 

 

Faire fi des conventions et se donner sans compter. Dire les mots les plus fous, pas de promesses, pas de projets mais du bonheur à tout les coups, à tout craquer.

 

Exprimer son désir, vivre de plaisir, n’avoir comme unique contrainte que le manque de l’autre. Mais que ce manque là est bon… Que ce malheur est doux. Les amants sont heureux de souffrir, ils recherchent ce qui fait vibrer. On s’éteint et on s’use à l’heure ou l’on ne sait plus se regarder, à l’heure où on s’installe devant un poste de cinglés, à l’heure où ce que l’autre a à dire n’a plus d’intérêt. Et pourquoi donc ça n’a plus d’intérêt ?

 

Mais parce que ça manque de sel voyons !

 

Ce n’est pas plus ennuyeux ou plus triste qu’avant, c’est juste que c’est différent, et cette différence là on la refuse. On ne veut que l’autre qui est le piment et qui nous renvoi l’image idéale de soi. L’image séduisante, attractive. Nous manquons à quelqu’un qui nous trouve tellement… tellement de choses qu’on ne s’était plus entendu dire depuis tant d’années. Alors on sombre et on fond, on s’entend soi même dire des mots de miel, des mots de sucre enrobés, des dragées de feu, le feu du désir. Ce ne sont pas des mensonges (ce désir est si brûlant, c’est fou tout ce qu’on ressent) mais on sait qu’on ne dit pas la vérité. On en dit suffisamment pour tenir l’autre, on lui dit aussi ce qu’il veut entendre et de cette émulation, de cette double excitation maintenue par les mots on conserve son aura. On conserve notre aura et on croit que la vie est là.

 

C’est un jeu qui se joue à deux. On entretient le désir, et il est si fort qu’on a le sentiment que c’est lui qui devance tout. On oublie souvent qu’il n’est qu’illusion, qu’il y a un contrat à la base, une mission. On oublie que ce désir à un but et on pense qu’il est tout en soi. Le prince peut se prendre à oublier qu’il aime une fée pour retrouver une princesse. Et la fée se prend à rêver qu’elle pourrait être couronnée.

 

 

(À suivre….)

 

23.07.2006

Suite 1

A qui font appel les princes et les princesses qui se sentent abandonnés ? L’histoire est jouée, la narration est faite, on a tué la sorcière, on a donné le baiser, les amoureux sont mariés, les petits nains sont remerciés et on les laisse dans leur château pour qu’ils puissent s’accoupler. Oui parce que c’est bien connu, les princes et les princesses ça fait beaucoup d’enfant.

 

 

Zut alors. Et quand il y a un hic ?

 

 

Pour faire beaucoup d’enfant, il faut déjà en faire un (pour commencer). Mais quand ça devient compliqué ?

 

 

Quand la princesse prend peur et se comporte comme une affolée, se cogne contre les murs en cherchant la sortie parce que non finalement, maman elle ne peut pas.

 

 

Elle ne sait pas pourquoi mais être maman elle ne peut pas.

 

C’est profond bien en elle, c’est son reflet dans le miroir, ce sont ses mains qui bougent trop, ses sourires qui sonnent faux, ses œillades préfabriquées, elle ne se sent pas vraie. Elle ne se sent pas finie. Elle se demande si elle-même n’est pas sortie trop tôt du ventre, s’il ne faudrait pas la terminer un peu, juste un peu sur les contours, la princesse se sent floue. Un portrait abstrait. Evanescente.

 

Comment porter un enfant qui passera la barrière de son ventre dès qu’il sera un peu lourd ? Son corps ne pourra pas le porter, son corps n’existe pas.

 

Comment serrer un enfant quand ses bras seront incapables de se contrôler ? Ils serrent trop ou pas assez.

 

Comment regarder un enfant quand ses yeux ne se posent pas ? Son regard n’est qu’absence…

 

Vite l’échappée belle, l’envolée, la fuite en avant. La princesse veut tous les noms d’oiseaux, la princesse ne veut plus de sa couronne, elle veut des corps dans sa tête, qui la prennent et qui la repoussent au grès d’humeurs capricieuses. Elle veut du danger, du pas sûr, du pas droit, pas fiable, tout mou, elle veut flotter sur un nuage mais pas celui du bonheur parfait, elle veut des eaux troubles, des histoires troublées. Elle veut du comme elle, elle veut se retrouver, se rassembler dans son éparpillement, elle ne voit plus son image et cherche un semblable pour exister, se dire qu’elle est vraie. Parce que forcément si quelque chose ou quelqu’un comme elle existe, c’est bien qu’elle a une légitimité non? La princesse a perdu sa vérité. Elle se sent cheveux d’ange et barbe à papa, plume légère et coton plat.

 

La princesse se dit perverse, se dit déloyale, se revendique infidèle pour avoir le droit d’exister en dehors de sa mission donnée. La princesse clique et envoi tout à la corbeille parce que là au moins c’est du sans danger, souffrir elle sait ce que c’est.

 

 

Mais aimer… Aimer un prince qui s’est éloigné, aimer un enfant qu’ils devront éduquer, faire des projets, suivre le chemin… Elle n’a jamais vu de carte de la vie, elle ne sait pas ou ça mène, elle a peur. La princesse a peur.

 

 

Et quand le prince qui a tout donné se sent délaissé ? Quand le prince qui a tout essayé, douceur, compréhension, violence, indifférence, rejet, quand ce prince sent qu’un danger réapparaît il sait que cette fois il devra agir. Mais agir pour lui cette fois. En somme se protéger.

 

Le couple royal est en danger il faut faire appel à une fée.

 

 

(À suivre….)

 

17.07.2006

Il était une fois...

Il était une fois un prince très très très beau. Mais vraiment beau.

- On va se dire vous et moi que lorsque je vous dirais quelque chose vous me croirez. Donc quand je dis que ce prince est vraiment très beau il faut me croire sans hésiter, dans la foulée-

Alors ce prince, en plus d’être très beau, était réellement charmant. Même plaisant.

Je sais, oui, dit comme ça, ça ne veut pas dire grand chose mais dans le pays des princes et des princesses « plaisant » est un compliment de la plus haute finesse, du plus grand raffinement.

Oh et puis, vous allez arrêter de me couper à la fin ?

C’est pas possible ça ! Je suis pleine de bonnes intentions, je veux bien vous raconter une histoire très belle et vous n’arrêtez pas de me regarder comme si je sortais des énormités.

Ce prince il est beau parce qu’il est mieux que les autres.

C’est un prince qui est charmant parce qu’il a fait le plus beau des voyages qui soit pour l’amour d’une princesse. De sa princesse.

Alors vous allez me laisser raconter ?

Non parce que si vous avez décidé de me couper sans arrêt ça ne va pas le faire, je vais me recroqueviller, me refermer et puis me taire. On ne dirait pas comme ça mais cette histoire, bien que belle, n’a jamais été racontée. Il y a des choses que l’on n’ose pas dire au pays des fées. Cela ne me coûtera rien de la garder pour moi. Mais ce serait dommage. Pour vous bien sûr.

Alors, on y va ?

Qu’il y a t il de plus beau que deux êtres qui s’aiment ?

Qu’il y a t il de plus touchant que cette complicité, cette chaleur, ce bonheur qui les unient ?

Beaucoup de choses peut être, ou peut être pas.

 

(Je laisse les mauvaises langues se taire et se terrer, laissez moi donc en paix. Je sais que beaucoup ne comprendront pas).

 

Un homme qui aime une femme et est aimé en retour, qui bâti jour après jour les fondations de leur amour. Une femme qui oublie ses peurs et prend confiance en la vie aux côtés d’un homme qu’elle chérit…

 

C’est beau non ? Ça pète, y a rien de mieux ?

 

Dans ces époques de solitudes, où on a vite fait de louper le coche, de laisser passer le bon cheval, de manquer le moment, la période, l’instant, où on ne trouve plus chaussure à son pied, couvercle à son pot, où nous sommes dans des considérations misérabilistes de l’amour parce qu’au fond tout seul on s’ennuie trop, et bien donc, en ces temps si troublés n’est ce pas réconfortant de les voir s’aimer ?

 

On a toujours besoin de princes et de princesses. Ils nous saoulent parfois, on les envie souvent, mais au fond ils nous rassurent. Jeunes trentenaires (voire plus !) que nous sommes, perdus dans nos aventures sans lendemains, dans nos histoires courtes où on s’invente l’amour pour se donner des raisons de tendre la main, ébranlés et tordus dans le vent qui nous porte – compétitivité, professionnalisme, projetisation, à fond à fond à fond – qu’il est bon malgré tout d’avoir un foyer où se ressourcer.

Pas les parents non, ceux là posent sans cesse les questions qui blessent, ils nous jettent en pleine face les trente six wagons de retard, alors qu’on donne à tous et à soi-même l’illusion d’être un adulte potable et « inséré », eux ne jouent pas le jeu et nous demande sans cesse « où tu en es ?… »

Bref.

 

Qu’il est bon au milieu des bourrasques de la vie de claquer une porte sur la froidure, d’adosser son dos à cette porte en se disant « pause ! » et de passer dans le salon ou notre couple d’amis - que l’on peut se prendre à jalouser parfois, ça fait parti du jeu - est toujours là et nous attend.

Des problèmes ils en ont ? Mais très certainement. Mais ils sont deux pour les supporter, alors il ne faudrait pas qu’il viennent la ramener. Le plus dur aujourd’hui c’est la solitude, il l’on dit à la télé, au poste et dans les journaux. Eux il sont deux, c’est à plus d’un que la solitude disparaît non ? Et bien voilà, eux ils sont casés, donc heureux. Fin de l’argumentation.

La solitude à deux.

Comment expliquer à ceux qui sont seuls, nos amis, célibataires souvent, qui voit en nous l’oasis, l’espoir, le « oui ça peut exister ! », comment leur dire combien cette solitude là est déchirante.

A qui se confie les princes et les princesses ? A qui parler lorsque c’est au sein du royaume que tout fout le camp ?

On ne parle pas de désamour – l’amour des princes et des princesses est éternel c’est prouvé – on ne parle pas de ça.

On ne parle pas alors. Voilà. (À suivre….)