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20.10.2006
Je ne peux pas : Fin.
6. Ne pas flancher
Tout s’enchaîne bizarrement. Je regarde les événements comme à l’extérieur de moi.
Le serveur enlève les verres vides, Lucie s’excuse comme convenu, Isabelle lui tombe dans les bras. J’imagine que l’alcool l’aide, je ne sais pas. En tout cas elles se promettent de se revoir bientôt. Mais bien sûr, il ne manquait plus que ça. En même temps je serais mal inspiré de les cacher l’une à l’autre. Maintenant c’est trop tard et c’est ce que je voulais.
Lucie m’embrasse sur les joues et s’en va.
Je ne me retourne pas pour la regarder partir. Non. Je ne fais pas ça. Je reste assis mon verre à la main et je ferme les yeux un instant. Juste un instant. Un instant de silence pour me fondre en une flèche qui trace un chemin vers elle. J’essaie d’entendre le claquement sec de ses talons qui s’éloignent sur le pavé où une foule est attablée. Cela peut paraître vain mais je suis sûr de moi. Je l’entends. J’imagine que je vole, que je fends l’air, je ne suis plus un homme mais du vent, un vent complice qui l’accompagne, s’engouffre dans ses cheveux, entoure son corps et la protége jusqu’à chez elle.
Je me prends à rêver que ce monde n’est pas le même, que la réalité change et que je me lève, je cours, bouscule les gens, évite les tables, je cours jusqu’à elle, et je la prends, je la soulève dans mes bras devant leurs yeux, et je la serre fort mon nez dans ses cheveux, son corps dépendant du mien, ses pieds ne touchent plus le sol, j’entends son souffle dans mon oreille, une sorte de rire étouffé, une joie profonde, et je le repose doucement, mes mains sur sa taille et je l’embrasse fort, sur la bouche, à pleine lèvres, passionnément, en la serrant comme un fou. Oui comme dans les films avec les gens qui regardent autour et au moment ou je l’embrasse le mieux tout le monde applaudit, la place clame notre amour, Elle est belle enfin révélé, ma Lucie enfin aimée, celle que je peux enfin nommer, et nous sommes heureux…
Il faut le trouver ce monde où personne ne saura, c’est avec elle que je veux être, j’en suis sûr, on cherchera. Il faudrait qu’on parte loin c’est ça la solution. Il faut que l’on s’en aille, qu’on parte vivre notre passion. Je l’aime tellement, mais qu’est ce que je fous là !
- Tout va bien ?
C’est vrai Isabelle est là.
J’ai un sursaut, léger, et je lui souris. Je reviens à ma place. Je passe ma main dans mes cheveux, les ébouriffe en me grattant le crâne. Je reprends mes esprits.
- Oui tout va bien, Allons y.
19:30 Publié dans Je ne peux pas. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nouvelles et textes brefs, littérature, écriture, blablas de fille, blabla de fille, amour, journal intime







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