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02.07.2006
8
Bruit sourd.
Un bourdon dans ma tête.
Image au ralenti.
J’entre dans la pièce.
Il est seul.
Assis sur la chaise.
Je comprends que ce n’est pas le moment.
Je ne dis pas un mot.
J’attends.
Il ne me regarde pas.
J’attends.
Je m’empêche de tout.
Son silence me tue.
Je l’entends respirer.
J’entends son souffle.
J’attends qu’il me dise.
Il me dit.
Il me dit que tu es partie.
Silence court.
Très court mais qui dure une éternité.
Ce silence me brise.
Je ne veux pas comprendre.
Je m’interdis la moindre question.
Je veux pourtant ouvrir la bouche
Mais au moment où…
Un gémissement m’arrête.
Un cri profond
Un râle
Le râle de celui qui a déjà trop pleuré.
J’ai mal.
Je vacille mais me tiens.
Son cri muet se fige
Et la scène qui se déroule je sais qu’il la jouée des heures.
Quelques secondes suspendues et le flot qui se déverse. Son corps part en avant, il se tend et son souffle devient tonnerre, son cri devient orage, ses sanglots emplissent ma tête. Un temps je ne veux pas y croire, un temps je reste en suspens, je me dis que j’ai qu’à attendre un peu qu’il se calme, et puis je m’avancerais vers lui je poserais ma main sur son épaule, je le redresserais peut être et je lui dirais qu’il y en a d’autres, qu’on va partir lui et moi, que ça va aller, une de perdue dix de retrouvées, ça fait mal je sais mais ça devait se terminer, cette histoire devait s’achever. Pour la dernière fois j’essaie de me convaincre que votre histoire était banale, que c’était juste un jeu qui vient de prendre fin, qui devait prendre fin, c’est la vie, y a du beau et du moins, c’est pas grave, on va sortir entre copains et regarder les autres, allez ce n’est rien, mon dieu putain dis moi que ce n’est rien, dis moi que t’en fais trop pour une histoire de merde, dis moi que t’en fais trop parce que tu t’es fait plaqué, que tu peux pas le supporter, dis moi que très vite tu vas te calmer et que tout va rentrer dans l’ordre, qu’on va s’en sortir, sortir d’ici pour oublier, dis moi qu’on va sortir et que je vais pouvoir t’aider, allez mon pote redresse toi et dis moi que c’est pas vrai, que t’y croyais et que c’est pour ça que tu pleures comme ça, dis moi que si moi aussi je pleure c’est juste de te voir dans cet état, que c’est juste l’émotion, la fatigue mais que rien n’est arrivé, rien qui ne puisse s’arranger, qu’on pourra parler d’elle un jour comme d’une garce, une fille qui t’a eu et puis qui c’est cassée, dis moi pourquoi je tombe et pourquoi j’ai mal aussi, dis moi que c’est pas vrai, dis moi qu’elle est juste partie et c’est rien, dis moi qu’elle va bien, dis moi qu’elle va bien, dis moi qu’elle va bien, dis moi qu’elle est partie qu’à moitié, dis moi qu’elle pourrait revenir si elle le voulait, dis moi…
Tu ne me dis rien.
Il ne me dit rien.
Elle ne reviendra pas.
16:00 Publié dans Elisa | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note







Commentaires
Je vois qu'il a été question ici d'animalité et de partage d'intimité, de passion et d'envie de possession. Ok, je vois, jusque là.
Mais de ce que tu décris, ces Amours et ces Amitiés, j'ai l'impression de n'en rien connaître... rien ou de si loin et si mal ! A réapprendre également (ce que je fais mais c'est long !), et pas le moindre des projets et des envies !
Ecrit par : Fée-fille-de-sorcière | 02.07.2006
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